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ARCHIVES DU COMMERCE

ET

DE L'INDUSTRIE AGRICOLE ET MANUFACTURIÈRE,

RÉPERTOIRE DES CHAMBRES DE COMMERCE,
CHAMBRES CONSULTATIVES DES ARTS ET MANUFACTURES
ET DES TRIBUNAUX DE COMMERCE ,

RECUEIL DE TOUS LES DOCUMENS OFFICIELS COMMERCIAUX
DE FRANCE ET DE L'ÉTRANGER ,

PAR M. P. HENRICHS,
PARIS
CHEZ RENARD, A LA LIBRAIRIE DU COMMERCE, EUE SAINTE-ANNE, N. 21.
1838.

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DEUX-SICILES.

NOTE SUR L'EXPLOITATION ET LE COMMERCE Dit SOUFRE.

On trouve des mines de soufre dans presque toutes les parties de la Sicile; mais les couches les plus riches sont situées dans un quadrilatère dont les angles sont marqués par les villes de Sciacca, Alimena, le mont Hybla et Terraneva.

Exploitées avec peu d'activité tant que le soufre n'était employé qu'à la fabrication de la poudre à canon, ces mines n'ont acquis d'importance qu'à la suite de la découverte de la soude factice, obtenue par la décomposition du sel marin, au moyen de l'acide sulfurique, et depuis long-temps substituée en France à la soude naturelle dans toutes les applications que l'industrie faisait de celle-ci.

La fabrication de la soude factice, d'abord entravée en Angleterre, par un droit très-élevé sur le sel, n'y a pris d'essor qu'en 1823, époque de la suppression de ce droit; et c'est depuis lors que la consommation du soufre s'est accrue énormément, et que son exportation est devenue une des principales branches de richesse de la Sicile.

Les deux tableaux ci-après feront connaître les quantités de soufre exportées pendant les six dernières années écoulées, et la répartition entre la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays, pendant les trois dernières années.


(1) Une pièce de toile de coton anglaise de 24 yards de long, sur un


yard de large, vaut, rendue à Alger, à quai

9 f.

00c.

Droit de douane, 15 p. 100

1

35

Total

10

35

 

L'yard est une mesure égale à 0,91 a m. Les droits de tonnage sont insignifians, mais la différence du fret d'Angleterre et de Marseille est de la à 15 fr. Au surplus, M. l'intendant civil, sur la demande de M. le ministre de la guerre, vient d'adresser à Paris tous les échantillons de ces tissus, et les autres indications dont le commerce pourrait avoir besoin.


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Exportation du soufre de Sicile de 1830 à 1835 inclusivement.


ANNÉES

QUANTITÉS

ANNÉES

QUANTITÉS

En cantares de Sicile

En kilogr.

En cantares de Sicile

En kilogr.

1830

350,000

28,000,000

1833

405,769

39,661,520

1831

400,000

32,000,000

1834

668,26

53,400,480

1832

400,890

32,071,200

1835

663,575

53,086,000


Répartition du soufre exporté de 1833 à 1835.


ANNÉES

GRANDE BRETAGNE

FRANCE

AUTRES PAYS

Cantares

kilogr.

Cantares

kilogr.

Cantares

kilogr.

1833

359,126

20,730,080

201,126

16,090,080

35,517

2,841,360

1834

338,085

27,046,800

293,11

23,448,800

37,061

2,964,800

1835

305,793

26,063,440

262,774

21,021,920

75,008

6,000,640



IL résulte de ce dernier tableau, que sur la quantité de soufre exportée en 1855, les trois sixièmes en ont été expédiés en Angleterre; deux sixièmes en France, et le reste dans le Nord de l'Europe et les États-Unis. La consommation de la Sicile est presque nulle.

Tant que l'extraction du soufre n'a produit que de faibles bénéfices, l'exploitation des mines de Sicile a eu lieu de la vante:

Une compagnie, formée d'un chef mineur et d'ouvriers engagés à la part, achetait, moyennant une rente annuelle, le droit d'exploiter une portion de mines. Après en avoir extrait le soufre, les mineurs le vendaient sur place et en partageaient le prix entre eux, selon les proportions convenues.

Presque toujours dénuées d'argent comptant, ces compagnies se procuraient les foads nécessaires pour commencer leurs opérations, en passant avec des maisons de commerce chargées de faire des achats pour l'étranger, un contrat par lequel elles s'obligeaient à livrer le minerai à un prix déterminé, et elles obtenaient ainsi, par semaine et par mois, des avances qui leur servaient à payer les dépenses courantes. Depuis que le développement du commerce du soufre a fixé l'attention des spéculateurs, plusieurs négocians étrangers ont engagé des capitaux considérables


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dans l'exploitation des mines, en traitant directement avec les propriétaires, et sont parvenus à en augmenter le produit, principalement en améliorant le mode de combustion du minerai.

Presque toujours couvert d'une couche de concrétions calcaires, le soufre se trouve combiné avec d'autres matières dont on le sépare en le brûlant dans des fours construits en maçonnerie, qui contiennent chacun environ 60 quintaux de minerai. Le soufre liquéfié coule ensuite dans des baquets où on lui laisse acquérir de la consistance.

Ce procédé est sujet à deux inconvénients: le premier est de laisser échapper une grande quantité de gaz acide sulfureux qui détruit la végétation environnante à une assez grande distance, d'où il résulte que la combustion ne peut s'opérer qu'à de certaines époques de l'année. Le second est de faire perdre par l'évaporation une portion considérable de la matière. On a imaginé pour remédier à l'un et à l'autre de ces inconvéniens, de substituer à la simple combustion une fusion complète dans des vaisseaux fermés, et cette méthode employée dans plusieurs mines leur a donné un immense avantage sur celles qui en sont privées.

C'est d'ailleurs le résultat de la combustion qui détermine la classification et la désignation des mines. On appelé très-riches celles dont le minerai produit 25 pour 100 de soufre; les riches produisent 20 pour 100; les bonnes 15 pour 100; les médiocres 8 pour 100. Audessous, elles sont réputées mauvaises et d'un rapport insuffisant pour compenser les frais d'exploitation et les frais accessoires, parmi lesquels ceux du transport du soufre, de la mine au point de la côte où il doit être embarqué, forment un article très-important.

A l'exception du produit des mines de Villa-Rosa et de Castrogiovanni, que l'on transporte à Catane et à Païenne, sur de petites charrettes, par une route nouvellement construite, le transport du soufre se fait à dos de mulets et d'ânes, dont la charge est de 96 kil. Les chemins qui conduisent des mines à la côte sont généralement impraticables en hiver, et même pendant une partie du printemps, lorsque cette saison est pluvieuse. Les travaux de l'agriculture réclament à d'autres époques de l'année, l'emploi des hommes et des animaux: il résulte souvent de ces obstacles réunis que les mines de Girgente situées près de la mer sont exploitées avec avantage, lorsque celles de l'intérieur ne le sont qu'avec perte et pour remplir des engagemens contractés. Aussi est-il à présumer que l'extraction du soufre sera de plus en plus réduite dans ces dernières, et que quelques-unes seront entièrement abandonnées, à moins qu'une prompte amélioration dans l'état des routes, ou que de nouveaux besoins du commerce ne viennent rendre les travaux plus productifs.


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Outre la difficulté et la cherté du transport, les propriétaires de la plupart des mines ont à lutter contre un autre obstacle auquel des capitaux abondans pourraient seuls porter remède. A l'époque des premiers travaux, aussitôt que le mineur rencontrait de l'eau, il s'arrêtait* et cherchait une autre partie de la mine où il pût travailler à sec. Il eu est résulté que les principales mines sont actuellement plus ou moins inondées, et que leur produit n'est plus susceptible d'accroissement qu'autant qu'on emploierait des pompes à vapeur pour leur dessèchement; mais la baisse continuelle des prix ne permettra qu'à Un bien petit nombre de personnes engagées dans l'exploitation du soufre, de l'aire les frais d'acquisition et de transport de ces machines.

Il est peu d'articles de commerce dont les prix aient subi, depuis une vingtaine d'années, des variations aussi remarquables que le soufre. En 18i5, il valait n fr. 3o c. les 80 kil.; et en 1816, 16 fr. 5i c. Tombés graduellement, jusqu'en 1825, à 6 fr. 8 c. et 5 fr. 21 c, et eu 183o, à 4 fr- 34 c, les prix qui avaient éprouvé en 1832, une première hausse due sans doute au développement de la fabrication de la soude factice, en Angleterre, atteignirent en 1833, 19 fr. 56 c-, et 20 fr. 87 c. Et après une forte baisse, ils se soutinrent en 1855, à 7 fr. 82 c, et 10 fr. 44 c<> par suite des grands achats d'une maison de Marseille qui essaya d'accaparer cet article. Mais ces diverses circonstances avaient fait accroître ia production si fort au-delà des besoins de la consommation, que les prix baissèrent graduellement jusqu'au taux actuel de 12 et 10 tarins, et les spéculateurs marseillais échouèrent complètement dans leur tentative.

Le désir de réparer des pertes considérables, au moyeu d'une autre combinaison, a donné naissance à un projet présenté cette année, par les mêmes personnes au gouvernement de Sicile, et recommandé par celui-ci au ministère napolitain, après avoir été approuvé par une partie de la commission chargée ici de son examen. Il consiste à substituer à l'accaparement un véritable monopole, dont jouirait une société qui, mise en possession du privilège exclusif de l'exportation du soufre, s'engagerait à le payer au propriétaire, au prix fixe et moyen de gfr. 56 c. les 80 kil., et à employer chaque année une somme de 250,000 fr. à construire des routes en Sicile. L'adoption de ce projet étant très-douteuse, il semble inutile de répéter ici les observations et les détails à ce sujet contenus dans une dépêche du 23 février 1837, à laquelle le projet même est joint. Le seul t'ait qu'il importe de signaler depuis la date de cette dépêche, est la baisse continuelle du prix du soufre, qui indique suffisamment qu'il n'y a pas encore lieu à redouter le succès des nouveaux efforts tentés pour obtenir le monopole.






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